Vendredi 13 novembre 2009
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Quel rapport entre Malnutrition et Tuberculose ?
Un parallèle entre dénutrition et séropositivité
Alimenter un enfant dénutri jusqu'à ce qu'il retrouve un poids normal est insuffisant. Des travaux ont pu démontrer qu'il faut attendre la récupération des défenses immunitaires. Le suivi des
enfants infectés par le virus du sida pourrait s'inspirer de cette expérience.
En effet, selon les estimations de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), 175 millions d'enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition dans les pays en voie de développement. Ces
enfants dénutris sont touchés notamment par une fonte musculaire (marasme), ou encore d'oedème (gonflement), de dépigmentation, de perte des cheveux... Mais la dénutrition diminue aussi la
résistance à la maladie. Sur les quelque treize millions d'enfants qui meurent chaque année d'infections et de maladies parasitaires, plus de la moitié sont victimes de l'interaction entre la
dénutrition et cinq ou six maladies évitables comme la rougeole, la diarrhée et les infections respiratoires. Le cercle vicieux entre malnutrition et infections est connu depuis un quart de siècle.
Il s'agit en réalité d'une spirale descendante, dont l'issue est généralement fatale. Toute altération de l'état nutritionnel perturbe le fonctionnement du système immunitaire. Les agents
pathogènes surmontent alors aisément les mécanismes de défense et se multiplient. Chez l'enfant, le risque de mortalité lié aux infections est proportionnel à l'état de malnutrition
protéino-énergétique (carence d'apports en protéines et/ou d'apports en énergie). A son tour l'infection entraîne une diminution de l'appétit (anorexie) et une mauvaise absorption des nutriments ;
elle provoque aussi une synthèse accrue de protéines spécifiques. De surcroît, la fièvre s'accompagne d'une hausse du métabolisme
basal, donc de la dépense énergétique. Au total, ces processus
accentuent le déséquilibre entre apports et besoins.
D'après les propos de Philippe Chevalier.
Thymus et système immunitaire
Le déficit immunitaire d'origine nutritionnelle présente un point commun avec le sida. En effet, certaines cellules immunitaires, les lymphocytes de la lignée T, sont touchées. La
malnutrition provoque l'atrophie du thymus (un organe bilobé
situé au niveau du sternum), qui joue un rôle très important dans la mise en place du système immunitaire chez l'enfant en assurant la maturation des lymphocytes T. D'ailleurs, « T »
est l'abréviation de thymus.
Les lymphocytes T, également appelés thymocytes ou cellules T, sont une catégorie de lymphocytes qui sont prépondérants pour la réponse immunitaire secondaire.
Ils sont responsables de l'immunité cellulaire : les cellules (bactéries, cellules cancéreuses) reconnues comme étrangères (c'est-à-dire autres que celles que les cellules T ont appris à
tolérer lors de leur maturation) sont détruites par un mécanisme complexe.
Conclusion : On comprend donc maintenant la manière dont différents facteurs (diabète, tabagisme, etc....) peuvent affaiblir le système
immunitaire et ainsi favoriser le développement de la Tuberculose dans le corps.