Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 17:42
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Ce site web est la représentation finale de notre Travail Personnel Encadré (T.P.E.) sur le thème de la Tuberculose.
Axe de Recherche : Interaction environnement progrès : la place de l'homme
Nous sommes un groupe de trois élèves de 1ère Scientifique du lycée Lucie Aubrac de Bollène (84).
Vous pourrez trouver sur ce site internet l'exposé dans son intégralité ainsi que les recherches qui nous y ont amené, les sources utilisées etc...
Il est également l'occasion pour nous de travailler en synergie, les TPE devant être rendus en février.

Sommaire

Voici les parties de l'exposé.
(Vous pouvez directement cliquer sur l'une d'entre elle pour y acceder.)

Conclusion

Autres pages

NB : En lisant ce rendu de TPE, vous pourrez cliquer sur les mots soulignés pour connaître leur définition.
Il est conseillé de lire notre "Introduction à l'étude de la Tuberculose : Les bactéries" et de garder la fenètre de vocabulaire ouverte afin de ne pas saturer votre navigateur. Vous pourrez ainsi rechercher les mots soulignés directement dans la fenètre.
Par Le groupe
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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 15:00

            De nombreuses personnes pensent que la Tuberculose a été éradiquée dans les années 1960 avec l'arrivée des antibiotiques. Malheureusement, ce n'est pas le cas et cette maladie est plus présente que jamais dans certains pays en développement tels que l'Afrique du Sud ou la Zambie. Mais quels sont les réelles causes scientifiques de la recrudescence actuelle de la Tuberculose ? C'est le sujet pour lequel nous développerons ce TPE (Travail Personnel Encadré). Pour cela, nous nous intéresserons dans un premier temps au microbe responsable de la Tuberculose et la maladie elle-même puis, en second lieu, à son fonctionnement au sein du corps humain. Dans une troisième partie, nous expliquerons l'impuissance du vaccin BCG face à cette maladie, en traitant des nouvelles souches de la bactérie. Enfin, nous parlerons, de la co-infection possible entre celui-ci et le VIH avant de s'intéresser aux autres facteurs du développement d'une Tuberculose, ce qui conclura ce rendu.

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Par Le groupe - Publié dans : Rendu du TPE
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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 08:31

                    On se préoccupera principalement, dans notre exposé, de la Tuberculose pulmonaire, appelée aussi "Phtisie pulmonaire", en dépit des nombreuses autres formes de la maladie telles que les Tuberculoses rénale et osseuse, par exemple.

 

Sanatorium

Tuberculeux traités dans un sanatorium à New-York. 

 

            Même si l'origine des infections tuberculeuses semble remonter à celle du genre humain et surtout, de la vie en société, la maladie ne fut vraiment connue qu'à partir du 19e siècle.  Autrefois traitée dans les sanatoriums, dans lesquels les malades étaient exposés au soleil et en plein air, la Tuberculose à bien évidemment connu un déclin dès les années 1950, avec l'apparition des antibiotiques. Notons qu'elle était tout de même en 1882, la cause d'un décès sur sept. Cette maladie, pourrait bien devenir une « maladie ré-émergente », en dépit d'une diminution statistique constante. Nous ne développerons pas notre devoir sur les raisons sociales de la recrudescence de la Tuberculose mais il est nécessaire d'y introduire quelques statistiques.

Cette maladie tue environ 3 millions de personnes chaque année dans le monde et son incidence augmente à la fois dans les pays en développement et dans les pays industrialisés, même si l'Afrique est le continent le plus touché, comme on peut le constater sur cette carte rapportant le nombre de nouveaux cas estimé en 2006.

 

http://www.populationdata.net/images/cartes/articles/monde-tuberculose.jpg

 

Et si la France est un pays à faible incidence, la propagation est beaucoup plus importante dans les catégories sociales les plus défavorisées : en effet, on recense 181 cas pour 100 000 chez les SDF et les immigrés forment 45% des cas signalés. La maladie n'est pas maîtrisée au sein de ces populations : on peut donc dire qu'il s'agit, en partie, d'une « maladie de pauvres ». La Tuberculose est liée aux conditions de vie, à l'environnement, à l'hygiène. Il est donc évident que la transmission du microbe est favorisée lorsque plusieurs personnes sont « serrées » dans quelques mètres carré. La maladie devient ainsi un « révélateur cru, impitoyable de cette France cachée », comme on peut le lire dans un article du journal « Le Monde ».

 

TB Culture

 

             Parlons maintenant du bacille tuberculeux auquel nous nous intéresserons tout au long du TPE.

Découvert en 1884 par l'allemand Robert Koch, l'un des fondateurs de la bactériologie, le germe pathogène responsable de la Tuberculose, MYCOBACTERIVM TVBERCVLOSIS , est aussi appelé « bacille de Koch » et appartient, à l'instar du bacille de la lèpre (bacille tuberculeux bovin), au genre des mycobactéries et donc des bacilles acido-alcoolo-résistants (BAAR), dont on expliquera la propriété dans la seconde partie de notre TPE. Se présentant comme des bâtonnets plus ou moins incurvés, leur longueur varie entre 1,5 et 3,5 µm. Il s'agit d'un micro-organisme aérobie, c'est-à-dire qu'il a besoin pour vivre, d'oxygène libre, comme nous en avons parlé dans notre « Introduction à l'étude de la Tuberculose », ce qui explique sa capacité à se développer dans les poumons, et son principal réservoir est l'homme atteint de Tuberculose active.

Le premier à réaliser la culture du bacille tuberculeux humain fut Robert Koch en 1884 grâce à du sérum de boeuf coagulé. Cependant les résultats furent très maigres : en effet, le bacille tuberculeux humain ne se divise que toutes les 20 heures environ,  alors que la plupart des autres germes se multiplient plusieurs fois en une seule heure !

Le bacille de Koch est exceptionnellement puissant. Cela est dû, d'une part, à son extrême résistance : on peut dire, par exemple, qu'il a la capacité de rester virulent dans un crachat desséché durant un mois entier et d'autre part, à son infectiosité des plus actives : un seul microbe suffit à provoquer l'infection. Lorsque un malade tousse, éternue ou parle fortement, de petites goutelettes contenant des bactéries tuberculeuses sont relâchées dans l'air. Il suffit alors de les inhaler pour que le bacille s'installe dans nos poumons. La mise en évidence de ce bacille hors norme par coloration est plus difficile que pour les autres microbes. Il faut, en effet, pratiquer une surcoloration à la fuchsine (colorant rouge) de la préparation puis une décoloration au moyen d'alcool et d'acides. Seuls les mycobactéries restent colorées (acido-alcoolo-résistance) et apparaissent en rouge. Du fait de cette complexité, il a donc été nécessaire d'améliorer cette technique. On remplace maintenant la fuchsine par de l'auramine (colorant fluorescent). Les bacilles de Koch sont alors visibles avec un moins fort grossissement. Toutefois, on ne peut affirmer que les micro-organismes observés sont bien des bacilles tuberculeux car toutes les mycobactéries sont mises en évidence. D'autres examens sont donc nécessaires pour confirmer l'infection. Le plus connu d'entre eux est probablement le test Mantoux :

 

TuberculoseTC-illus mesure

                                                        Mis au point en 1907 par le médecin français Charles Mantoux, à partir des travaux de Robert Koch en partie, il s'agit d'une intradermoréaction à la tuberculine (composants antigéniques du bacille de Koch) permettant de dépister les personnes dont l'organisme héberge le microbe avant les manifestations cliniques de la maladie et en l'absence de vaccination par le BCG. Ce dernier rend automatiquement le test positif, le rendant non interprétable, donc. Mais des résultats faux-positifs peuvent êtres également causés par d'autres mycobactéries. On réalisera, par la suite, une radiographie des poumons et une recherche de contamination dans l'entourage du malade potentiel.

Comme de nombreuses maladies, la Tuberculose déclenche certains symptômes:

     -ceux-ci sont un fébricule (38 - 38.5°C),
     -une toux quelques fois accompagnée d'hémoptysie,
     -un amaigrissement de 5 à 10 kg en quelques mois,
     -des sueurs nocturnes,

on peut également voir certains signes grâce à une étude radiologique:

     -en faisant une radio du thorax, on peut identifier une atteinte de l'apex avec des cavernes. On développera cette idée dans la seconde partie, où nous traiterons du fonctionnement du bacille de Koch à l'intérieur du corps humain.

 

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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 06:00
             Dans cette partie, nous nous concentrerons sur le fonctionnement du bacille de Koch et sur son interaction avec l'organisme humain.

radio-tuberculose
Radiographie d'un tuberculeux.

Tout d'abord, le délais d'incubation de l'infection varie entre quatre et douze semaines. C'est après cette période que le test tuberculinique devient positif.
Ensuite le délai d'incubation  de la maladie est lui encore plus variable, il peut en effet être d'un minimum de deux mois ou de cinquante ans. Et ceci sans compter que 90% des sujet infectés ne développerons pas la maladie.
La primo-infection est quasi-asymptômatique. Elle peut cependant être détectée par le virage de l'Intradermoréaction à la tuberculine, ce qui traduit une réaction allergique à celle-ci, comme nous avons pu le voir dans notre première partie. Dans certains cas, la primo-infection est même accompagnée d'une fièvre modérée voire d'une altération de l'état général ainsi que d'un érythème noueux ou d'une kérato conjonctivite ...

       Le bacille de Koch appartient au groupe des mycobactéries qui ont la particularité de n'ëtre décolorés ni par les acides forts ni par l'alcool : ce sont des bacilles " acido-alcoolo-résistants ".
Cette propriété acido-alcoolo-résistante est dûe à la structure même de leur paroi, qui forme une enveloppe cireuse et protectrice grâce à sa richesse en acides gras et lipides ( 23% contre 1 à 2% chez les autres germes ).
Si on étudie le squelette de la paroi d'une mycobactérie on observe en effet la chose suivante :
   - du peptidoglycane ( muréine ), qui assure une protection mecanique et physique au bacille tuberculeux ainsi que sa forme, relié de façon covalente à de l'arabinogalactane, qui peut participer, par exemple, à la communication entre les microbes dans une seule colonie, estérifié par des acides mycoliques ( acides gras à très longues chaînes ), ils forment alors des cires.
   - L'hydrophobie importante, elle rend la pénétration des agents colorants et décolorants difficile.
   - La fixation de la fuchsine sur les acides mycoliques, le colorant ayant pénétré dans le bacille serait alors retenu;

La couche externe ( sorte de capsule ) est de composition et structure complexes : on estime aujourd'hui qu'il y a :
   - une couche externe constituée de polyosides et de protéines ( dont une alanine déshydrogénase ) et de quelques lipides dont la nature reste encore un mystère ( lipoprotéine ? ), qui pourrait donc participer à la survie du microbe.;
   - Une couche interne beaucoup plus riche en lipides.

 

750px-Enveloppe BAAR

Ci-dessus, un schéma présentant en détail les parties de la paroi d'une mycobactérie, traitées plus haut.

 

Comment le bacille de Koch évolue-t-il dans l'organisme ?

    adipocyte.gif

Après transmission, par la voie de l'air, et comme l'on peut le constater sur la radiographie présentée plus haut, le bacille de Koch envahit évidemment les poumons, tout d'abord dans les apex (parties supérieures). Si la maladie peut évoluer, le bacille forme alors des cavernes dans lesquelles il peut se loger, étant aérobie. Ces cavernes ne disparaissent pas à la guérison (on parle alors de "tâches aux poumons"). On peut nettement voir des cavernes en bas à droite de la radiographie ci-dessus.

 

D'après une étude de l'Institut Pasteur, le Mycobatérium tuberculosis peut aussi se réfugier à l'état dormant dans les adipocytes ( ou cellules adipeuses ) (voir image sur la gauche). Dans cet environnement, il est comme "protégé", il est insensible à l'action de isoniazide, principalement utilisé pour le traitement de la maladie; de plus, les défenses immunitaires naturelles ont peu accès à cet environnement. Ce caractère du bacille de Koch peut être à l'origine du fait que des personnes ne présentant plus aucune trace de ce bacille dans les poumons puissent à nouveau déclarer la maladie.

 

Mycobacterium tuberculosis entraîne une réaction granulomateuse, c'est-à-dire, une inflammation caractérisée par des groupements lésionnels tuberculoïdes. Ceux sont  des groupements de cellules :
   - d'une part des macrophages dits épithélioïdes;
   - d'autre part des lymphocytes.

La video ci-dessous présente la destruction de cellules étrangères au corps par des macrophages.

 

 

 

 

destruction-du-BK.jpg

 

La pathogénie de la réaction inflammatoire dépend de la virulence de la Mycobactérie, de sa résistance aux antibiotiques, de la réaction immunitaire de l'hôte ( les sujets immuno-déprimés se défendent moins et ont donc plus de lésions ). Elle dépend aussi du type de lésion tissulaire occasionné par le mycobactérium et également du traitement, de son délai de mise en place ( par rapport au début de la maladie ), du suivi du traitement etc ...

 

Lors de la réaction inflammatoire, il y a des lésions occasionnées par le Mycobactérium : ces lésions sont liées à l'action des macrophages et à l'induction d'une hypersensibilité retardée c'est à dire de type IV. Une nécrose particulière occasionnée par le bacille est appelée nécrose caséeuse ( car production de caséum ).

 

Nous parlerons mieux des lymphocytes T dans notre quatrième partie.

La partie suivante nous permettra d'approfondir la raison d'une diminution croissante des capacités du vaccin BCG à parvenir au soin complet de la Tuberculose pulmonnaire.

 

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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 03:00
On avait cru, il y a une vingtaine d'années, à l'éradication du bacille de Koch en France, notamment au moyen du vaccin appelé BCG et réalisé dans les années 1950 ainsi que des autres "médicaments de première ligne". Comme nous avons pu le voir en première partie, il n'en est rien et il est, en réalité, de plus en plus difficile de contrer les nouvelles souches de la bactérie, issues des mutations du bacille au cours du temps, nouvelles souches dites "multirésistantes" et "ultrarésistantes" : ces dernières envers lesquelles plus aucun des traitements existants n'est efficace. Aussi nous pouvons donner quelques chiffres pour illustrer cela :
                                   - 45 pays ont déjà diagnostiqué un ou plusieurs cas de Tuberculose causée par une souche ultrarésistante.
                                   - sur 9 millions de cas de Tuberculose par an, on recense environ 500 000 et 40 000 cas où les souches multi et ultrarésistantes sont respectivement impliquées.

bcg.jpgAfin d'expliquer son impuissance, on étudiera tout d'abord les propriétés du vaccin B.C.G.
Découvert par Hibert Calmette et Camille Guérin, le vaccin Bilié Calmette-Guérin est issu de la culture du Mycobactérium Bovis (le bacille responsable de la Tuberculose bovine, espèce malgré tout pathogène pour l'homme) sur un milieu artificiel, des tranches de pomme de terre immergées dans de la bile de boeuf stérile. Ce nouveau bacille est quasi identique à l'originel mais avec une capacité pathogène altérée ( ici, elle est atténuée ce qui permet à l'organisme de mieux se défendre et donc de prévenir la maladie efficacement ( voir le principe du vaccin )).

La résistance résulte en fait de mutations dans les gènes qui codent pour les cibles des antibiotiques.
Vous pouvez visualiser ci-dessous notre video explicative à propos de la mutation génétique dont le bacille de Koch à été l'objet pour développer de nouvelles souches multi-résistantes et ultra-résistantes.
Dans notre exemple, le bacille de Koch mutant est résistant à la rifampicine, un antibiotique habituellement efficace contre le microbe.
Quand un malade ne respecte pas les conditions du traitement, en l'arrêtant trop tôt ou tout simplement parce qu'il n'a plus de médicaments, par exemple, les mutants résistants sont sélectionnés et prennent le dessus.
C'est pour cette raison que les malades sont aujourd'hui traités avec trois ou quatres antibiotiques à la fois pour empêcher l'émergence de nouveaux bacilles mutants.

Nous avons réalisé ce montage à l'aide du matériel de démonstration génétique du lycée, du logiciel Windows Movie Maker, mais surtout de l'aide apportée à notre projet par le scientifique Stewart Cole et nos professeurs de biochimie.

Il est à noter que nous pensions, au début, que la mutation pouvait être due, en partie, à un remplacement de la cytosine par la thymine (bases azotées) dans l'un des gènes du bacille, en raison de leur ressemblance. Il s'est averé qu'il s'agit d'un mécanisme semblable à celui-ci mais plus complexe, que nous avons tenté de comprendre puis d'expliquer au mieux dans notre réalisation.

Voici les schéma de structures des bases azotées cytosine (à gauche) et thymine (à droite) :

cytosine.pngthymine.png



Vous pouvez consulter ci-dessous l'intégralité du code génétique, commun à toutes les espèces de la planète.

03 code genetique xl
Malgré tout, un dernier espoir réside dans un nouvel antibiotique : le linézolide, qui a déjà prouvé son efficacité contre des bactéries plus résistantes encore.
La dernière partie se concentrera sur les conséquences d'un affaiblissement du système immunitaire sur le potentiel infectieux du bacille de Koch. On devra donc s'intéresser à la co-infection VIH-Tuberculose, par exemple.

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