Vendredi 22 janvier 2010
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On se préoccupera principalement, dans notre exposé, de la Tuberculose
pulmonaire, appelée aussi "Phtisie
pulmonaire", en dépit des nombreuses autres formes de la maladie telles que les Tuberculoses rénale et osseuse, par exemple.
Tuberculeux traités dans un sanatorium à New-York.
Même si l'origine des infections tuberculeuses semble remonter à celle du genre humain et surtout, de la vie en société, la
maladie ne fut vraiment connue qu'à partir du 19e siècle. Autrefois traitée dans les sanatoriums, dans lesquels les malades étaient exposés au soleil et en plein air, la
Tuberculose à bien évidemment connu un déclin dès les années 1950, avec l'apparition des antibiotiques. Notons qu'elle était tout de même en 1882, la cause d'un décès sur sept. Cette maladie,
pourrait bien devenir une « maladie ré-émergente », en dépit d'une diminution statistique constante. Nous ne développerons pas notre devoir sur les raisons sociales de la recrudescence
de la Tuberculose mais il est nécessaire d'y introduire quelques statistiques.
Cette maladie tue environ 3 millions de personnes chaque année dans le monde et son incidence augmente à la fois dans les pays en développement et dans les pays industrialisés, même si l'Afrique
est le continent le plus touché, comme on peut le constater sur cette carte rapportant le nombre de nouveaux cas estimé en 2006.
Et si la France est un pays à faible incidence, la propagation est beaucoup plus importante dans les catégories sociales les plus défavorisées : en effet, on recense 181 cas pour 100 000 chez les
SDF et les immigrés forment 45% des cas signalés. La maladie n'est pas maîtrisée au sein de ces populations : on peut donc dire qu'il s'agit, en partie, d'une « maladie de pauvres ». La
Tuberculose est liée aux conditions de vie, à l'environnement, à l'hygiène. Il est donc évident que la transmission du microbe est favorisée lorsque plusieurs personnes sont « serrées »
dans quelques mètres carré. La maladie devient ainsi un « révélateur cru, impitoyable de cette France cachée », comme on peut le lire dans un article du journal « Le Monde ».
Parlons maintenant du bacille tuberculeux auquel nous nous intéresserons tout au long du TPE.
Découvert en 1884 par l'allemand Robert Koch, l'un des fondateurs de la bactériologie, le germe pathogène responsable de la Tuberculose, MYCOBACTERIVM TVBERCVLOSIS , est aussi appelé « bacille de Koch » et appartient, à l'instar du bacille de la lèpre (bacille tuberculeux bovin), au genre des mycobactéries et donc des bacilles
acido-alcoolo-résistants (BAAR), dont on expliquera la propriété dans la seconde partie de notre TPE. Se présentant comme des bâtonnets plus ou moins incurvés, leur longueur varie entre 1,5 et
3,5 µm. Il s'agit d'un micro-organisme aérobie, c'est-à-dire qu'il a besoin pour vivre, d'oxygène libre, comme nous en avons parlé dans notre « Introduction à l'étude de la Tuberculose », ce qui explique
sa capacité à se développer dans les poumons, et son principal réservoir est l'homme atteint de Tuberculose active.
Le premier à réaliser la culture du bacille tuberculeux humain fut Robert Koch en 1884 grâce à du sérum de boeuf coagulé. Cependant les résultats furent très maigres : en effet, le bacille
tuberculeux humain ne se divise que toutes les 20 heures environ, alors que la plupart des autres germes se multiplient plusieurs fois en une seule heure !
Le bacille de Koch est exceptionnellement puissant. Cela est dû, d'une part, à son extrême résistance : on peut dire, par exemple, qu'il a la capacité de
rester virulent dans un crachat desséché durant un mois entier et d'autre part, à son infectiosité des plus actives : un seul microbe suffit à provoquer l'infection. Lorsque un malade tousse,
éternue ou parle fortement, de petites goutelettes contenant des bactéries tuberculeuses sont relâchées dans l'air. Il suffit alors de les inhaler pour que le bacille s'installe dans nos poumons.
La mise en évidence de ce bacille hors norme par coloration est plus difficile que pour les autres microbes. Il faut, en effet, pratiquer une surcoloration à la fuchsine (colorant rouge) de la préparation puis une
décoloration au moyen d'alcool et d'acides. Seuls les mycobactéries restent colorées (acido-alcoolo-résistance) et apparaissent en rouge. Du fait de cette complexité, il a donc été nécessaire
d'améliorer cette technique. On remplace maintenant la fuchsine par de l'auramine (colorant fluorescent). Les bacilles de Koch sont alors visibles avec un moins fort
grossissement. Toutefois, on ne peut affirmer que les micro-organismes observés sont bien des bacilles tuberculeux car toutes les mycobactéries sont mises en évidence. D'autres examens sont donc
nécessaires pour confirmer l'infection. Le plus connu d'entre eux est probablement le test Mantoux :
Mis au point en 1907 par le médecin français Charles Mantoux, à partir des travaux de Robert Koch en partie, il s'agit d'une intradermoréaction à la tuberculine (composants antigéniques du bacille de Koch) permettant de dépister les
personnes dont l'organisme héberge le microbe avant les manifestations cliniques de la maladie et en l'absence de vaccination par le BCG. Ce dernier rend automatiquement le test positif, le
rendant non interprétable, donc. Mais des résultats faux-positifs peuvent êtres également causés par d'autres mycobactéries. On réalisera, par la suite, une radiographie des poumons et une
recherche de contamination dans l'entourage du malade potentiel.
Comme de nombreuses maladies, la Tuberculose déclenche certains symptômes:
-ceux-ci sont un fébricule (38 - 38.5°C),
-une toux quelques fois accompagnée d'hémoptysie,
-un amaigrissement de 5 à 10 kg en quelques mois,
-des sueurs nocturnes,
on peut également voir certains signes grâce à une étude radiologique:
-en faisant une radio du thorax, on peut identifier une atteinte de l'apex avec des cavernes. On développera cette idée dans la seconde partie, où nous traiterons du
fonctionnement du bacille de Koch à l'intérieur du corps humain.
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